La mobilité : un passeport indispensable pour l’emploi
La mobilité est un facteur clé d’insertion et d’accès à l’emploi, notamment pour les personnes disposant de peu de ressources, en insertion et en recherche d’emploi, qui sont moins mobiles que la moyenne. En réponse à ce constat, l’Adie a développé avec ses partenaires une offre de services innovants et adaptés pour répondre aux problématiques de mobilité des demandeurs d’emploi et des créateurs d’entreprise.

Les difficultés de mobilité : un frein à l’insertion sur le marché de l’emploi 

Selon l’étude de la DARES « Situation sur le marché du travail et accès à l’emploi des bénéficiaires du RSA et de l’ASS » publiée en septembre 2014, 40% des bénéficiaires de minima sociaux d’insertion (RSA et ASS) en recherche d’emploi déclarent être limités dans leurs démarches par l’absence de moyens de transport ou par leur coût.

Selon l’Observatoire de la mobilité, près d’un Français sur cinq (19%) déclare avoir déjà renoncé à se rendre à un entretien d’embauche ou dans un structure d’aide à la recherche d’emploi parce qu’ils ne pouvaient s’y rendre.

Les populations estimant ne pas avoir un bon accès à ces différents moyens de transports sont systématiquement les populations vivant en milieu rural ou peu urbanisé. Les populations les plus jeunes et ayant les revenus les plus faibles sont également les plus touchées par ces problèmes de mobilité et d’accès à l’emploi.

 

Aller à la rencontre des porteurs de projets qui sont éloignés de l’offre d’accompagnement à la création d’entreprise

L’accès à la mobilité est un enjeu pour le public naturel de l’Adie qui a, depuis ses origines, déployé ses implantations auprès des populations les plus éloignées des réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise.

Consciente de l’actualité toujours prégnante de cette difficulté, l’association continue d’innover pour se rendre auprès de ceux qui ne peuvent que difficilement se déplacer pour obtenir l’aide nécessaire au lancement de leur activité.

En zone rurale, l’Adie a renouvelé son approche avec un projet expérimental déployé dans les départements de l’Indre, du Cher, de l’Allier, du Cantal, de l’Aveyron, de la Lozère, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme.
Ce dispositif taillé sur mesure pour les populations rurales  combine une offre de microcrédit à distance (par téléphone) et un accompagnement renforcé à domicile ou sur le lieu d’activité.

Enfin, l’Adie déploie régulièrement des antennes mobiles sous forme de caravanes se déplaçant directement à la rencontre des populations des quartiers populaires comme dans les zones rurales ou encore auprès des gens du voyage, directement dans leurs lieux de vie : marchés, parking, grands rassemblements…

 

La mobilité, un besoin fondamental des créateurs d’entreprise.

Bien  souvent, l’accès à la mobilité est au cœur même des projets des entrepreneurs soutenus par l’Adie.

En effet, plus du quart des microcrédits professionnels octroyés aux créateurs d’entreprise financés par l’Adie ont répondu à un besoin d’achat de véhicule.

Qu’ils travaillent dans le domaine des transports, comme Fabien, transporteur en Charentes ou Mohammed, Chauffeur de taxi à Mayotte, ou qu’ils soient commerçant ambulant comme Umza, restauratrice en food truck à Créteil, ils sont nombreux à avoir eu besoin de ce véhicule comme outil sine qua none pour lancer, poursuivre ou développer leur activité.

Pour rendre encore plus facile l’accès à un véhicule à l’ensemble de ses publics, l’Adie  propose, avec Renault le Club Mobilité,  un service qui favorise l'accès à un véhicule (utilitaire Kangoo ou personnel Dacia Sandro) neuf grâce à un contrat de location avec option d’achat à terme. Cette offre est également associée à des services optionnels d’entretien, d’assurance et une carte carburant Total.

Renault  Mobiliz offre également aux personnes soutenues par l’Adie des tarifs préférentiels pour l’entretien du véhicule dans le réseau des Garages Solidaires Renault/Dacia et des pièces de rechange facturées au prix coutant.

 

Financer l’accès à la mobilité pour l’emploi

Partant du postulat que nombre de personnes en situation de précarité professionnelle accéderaient à un emploi salarié ou le conserveraient si elles pouvaient acheter ou réparer un véhicule, financer un permis de conduire ou une formation ou encore acquérir un équipement, l’Adie, a décidé, pour la première fois, en 2008, de s’adresser non plus seulement à son public naturel de créateurs d’entreprise, mais plus largement aux demandeurs d’emploi afin d’apporter une réponse à cette demande sociale pressante.

En partenariat avec la Caisse des Dépôts, Pôle emploi, Fonds d’Action Sociale du Travail Temporaire, Crédit Coopératif, BNP Paribas, l’association a développé un produit spécifique.

Il s’agit du microcrédit personnel pour l’emploi salarié, un crédit pouvant s’élever jusqu’à 5 000 euros et s’adressant aux personnes en recherche d’emploi ou déjà salariées, n’ayant pas accès au crédit bancaire, spécifiquement conçu pour financer les besoins liés à l’accès, au maintien et au retour à l’emploi salarié (mobilité, formation, déménagement…).

L’étude d’impact menée par l’Adie en 2016 démontre que ce microcrédit joue un rôle pertinent dans l’accès à la mobilité.

Dans plus de 9 cas sur 10, le microcrédit personnel pour l’emploi salarié sert à financer de la mobilité, l’achat d’un véhicule représentant les trois quarts des usages et le permis de conduire 13%.

45% des personnes financées vivaient en deçà du seuil de pauvreté. Particulièrement concernés par la difficulté d’accéder à des emplois pérennes, les jeunes de moins de 30 ans représentent 38% du public du MCES et près du quart (23%) de l’activité de microcrédit personnel pour l’emploi salarié de l’Adie s’adresse à des personnes résidant en zone rurale.

Et ça marche. Dans 48 % des cas, le crédit se traduit par une amélioration objective de la situation à l’égard de l’emploi et, dans 15% des cas, par un maintien dans l’emploi salarié. Et les deux tiers des clients ont vu leur situation financière s’améliorer depuis l’obtention du crédit.

 

Couvrir les risques liés à la mobilité pour les personnes en situation de précarité.

Parce que l’accès à la mobilité va de pair avec la couverture de risques dont les personnes les plus démunies sont le plus souvent exclues, l’Adie a conçu avec Allianz une offre de micro-assurance automobile adaptée.

« Nous avons essayé de simplifier ce produit complexe pour qu’il soit facilement distribué et expliqué par les conseillers de l’Adie au public de l’association », explique Bénédicte Guénégan, responsable de projet à la Direction de la Stratégie et des projets Innovants d’Allianz France.

« C’est un produit qui a vocation à être à l’équilibre à moyen terme mais que nous avons tarifé pour qu’il soit le plus compétitif possible. Il permet d’élargir l’accès à l’assurance automobile à des personnes qui ne sont pas dans notre clientèle naturelle, mais qui sont dans une dynamique de rebond que nous voulons soutenir. »

Publié le : 19.04.17