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Le prêt de groupe pour l’entrepreneuriat féminin

 

Peu connu en Calédonie, le prêt de groupe semble peu à peu générer de l'intérêt auprès des dames. Même s'il reste encore du travail pour le faire connaître, il commence à trouver sa place..

 


Orianne, vous êtes conseillère à l’Aide à La Foa. Quelles actions avez-vous menées pour faire connaître le prêt de groupe ?
Avec notre partenaire l’association Wake Chaa de Canala, nous organisons régulièrement des réunions à la mairie. De même, chaque fois que j’organise une réunion en tribu, je mets l’accent sur ce produit.
Récemment, c’est le gouvernement qui a initié des rencontres à Canala, à La Foa et à Kouaoua (cette dernière n’a pas encore eu lieu, elle est prévue pour octobre). Il s’agissait d’une tournée des groupes des femmes solidaires dont le but est d’accompagner à l’émancipation des femmes. Le gouvernement nous a d'ailleurs une nouvelle fois invités le samedi 13/10 pour la Journée mondiale des femmes rurales.



Quel accueil recevez-vous quand vous évoquez ce prêt ? Les montants sont bas, en particulier s’agissant du premier prêt, n’est-ce pas un frein ? 
Oui et non. Je m’explique : ce prêt est destiné à un public très spécifique, si lors d’une réunion, se trouvent des personnes dont les besoins sont modestes et qu’ils ne sont pas dans l’urgence, alors on fait mouche. Et ce que j’ai pu constater à Canala et à La Foa au cours des réunions organisées par l’Observatoire de la condition féminine, c’est que les femmes ont été très intéressées, très à l’écoute par ce produit. Il leur permet effectivement de faire un prêt sans avoir à demander quoi que ce soit à leur mari, elles sont solidaires les unes des autres - ce qu’elles sont déjà dans le quotidien - et si le premier prêt est faible, elles savent qu’elles pourront demander un peu plus six mois après. Elles comprennent parfaitement cette idée de « prêt test » et en acceptent les conditions.
Maintenant, à La Foa, il y avait dans le public, une dame qui avait besoin d’une voiture. Clairement, pour elle, ce sera un prêt individuel. Mais six autres femmes sont venues me voir pour constituer deux groupes. On vient de monter les dossiers.



Dominique, vous êtes le responsable du T1 où Orianne et Lydia (conseillère à Poindimié) sont chargées d’informer sur le prêt de groupe. Vous étiez présent à Canala et à La Foa dans le cadre de la tournée des groupes des femmes solidaires. Quels souvenirs en avez-vous ?
J’ai été vraiment très impressionné par la qualité de l’accueil, à Gelima, les dames qui avaient préparé une collation, un repas. Ces femmes étaient vraiment très à l’écoute, elles étaient prêtes, leur projet… un travail avait été fait en amont.


Pensez-vous que ce prêt peut aider à l’émancipation des femmes ?

Orianne
 : Ça peut être sans aucun doute un des leviers le permettant. Avec ces crédits, qui peuvent tout de même aller jusqu’à 300 000 en informel, les dames, agricultrice, couturières, cuisinières… peuvent acquérir du matériel leur permettant de travailler dans de meilleures conditions, voire, éventuellement, de développer leur activité et donc, sur le volet économique, atteindre une autonomie. 
Maintenant, il est important de comprendre que ce prêt est ouvert à tous. Même si aujourd’hui, les femmes semblent plus sensibles à ce produit, il n’est pas difficile d’imaginer que des hommes, des amis ayant l’habitude de se croiser professionnellement, veuillent se constituer en groupe pour éviter de faire appel à la famille. Surtout s’ils n’ont besoin que d’un petit crédit pour acheter un motoculteur une motopompe.

Dominique
 : J’en suis de plus en plus persuadé. Je n’étais pas trop convaincu au départ, mais aujourd’hui, de plus en plus. Ce sont effectivement des petits prêts, mais elles ont des petits besoins, ça leur suffit, et ça, j’en avais très peu conscience. Et en plus, vraiment adapté à leur situation car souvent elles travaillent en groupe, en famille, et elles n’ont bien souvent pas de garant ou elles n’osent pas demander.

 

Publié le : 02.10.18