Portrait

Saïda crée son entreprise de traiteur Kaboulyon

« Je veux montrer que malgré mon parcours j’ai réussi à y arriver. Ce n’est pas parce qu’on a vécu des choses difficiles qu’on ne peut pas s’en sortir ! »

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La guerre a fait fuir Saïda de son pays natal, l’Afghanistan. Elle s’installe en France où elle étudie les sciences sanitaires et sociales. L’obtention de son BEP lui permet de travailler dans la fonction publique hospitalière pendant 16 ans. En 2016, elle prend le risque de changer de carrière professionnelle, pour pouvoir vivre de sa passion. Saïda choisit de se réorienter dans la cuisine. Elle passe un BEP cuisine à Lyon et forte de ce diplôme, elle décide de créer son entreprise de traiteur à domicile Kaboulyon. Malgré quelques difficultés financières, Saïda ne baisse pas les bras ; elle se renseigne sur Internet, fait son business plan puis se tourne vers l’Adie, qui lui accorde son prêt.

« Pour réaliser mes cartes de menu et commander mon matériel professionnel, j’avais besoin de 1500 euros. »

En parallèle à son activité de traiteur à domicile, Saïda développe une activité de traiteur pour des salles de spectacle. Elle intervient aussi dans les écoles où elle dispense des ateliers d’initiation à la cuisine et promeut les produits bio, issus de circuit court. Elle croit en son entreprise et ne compte pas s’arrêter là.   

À l’annonce du confinement, Saïda continue à travailler pendant 2 semaines en proposant des plats cuisinés à emporter qu’elle confectionne chez elle pour une dizaine de clients. La qualité de ses repas proposés lui permet de gagner un concours organisé par la mairie de sa ville pour offrir à manger à une famille. Cette reconnaissance lui a permis de se faire connaître auprès de nouveaux clients. Saïda a reçu une aide de l’État afin de pouvoir poursuivre son activité.

« J’ai eu pas mal de commandes avant le confinement ce qui m’a permis de mettre de l’argent de côté et de vivre ce moment de façon positive. »

Saïda a un nouveau projet, celui de créer un écovillage de femmes, comme elle, issues de l’immigration. Elle voudrait y vivre, continuer son travail de traiteur en utilisant des produits cultivés sur place. Elle souhaite aussi permettre à ces femmes d’avoir une vie meilleure avec la possibilité de travailler, de se nourrir, de s’occuper de leurs enfants et de mettre en avant leur savoir-faire dans un même lieu.


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