Portrait

Graciela ouvre son épicerie de produits latinos

« Pour moi, entreprendre c’est s’ouvrir en grand la porte de l’autonomie, la gestion de son temps et la liberté financière. »

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Il y a trois ans, par amour, la vie de Graciela fait un virage à 180 degrés. Elle change de pays, de métier et de langue, laissant sa famille, ses amis, les couleurs de la Colombie pour s’installer en France avec son époux, français.

Cette nouvelle vie, elle l’a choisie, mais le challenge de l’adaptation à une culture différente n’a pas été simple. Elle a dû faire preuve de patience et d’apprentissage pour trouver sa place dans ce pays « exotique » devenu son autre chez-soi.

Avant de venir en France, elle a été durant plus de 10 ans, administratrice hospitalière du service d’oncologie. En France elle a tenté de travailler dans son domaine d’expertise, mais les portes ne se sont hélas pas ouvertes.

« J’ai eu beaucoup d’entretiens, beaucoup. Ça n’a rien donné, mais je n’ai pas baissé les bras. Au commencement, j’ai décroché de petits jobs dans la restauration, puis dans des entrepôts de supermarché à Clermont-Ferrand. »

C’est en travaillant dans les supermarchés que Graciela a eu l’idée de créer son entreprise.

« J’ai constaté que les produits étrangers avaient beaucoup de demandes, mais il n’y avait pas les produits latinos américains avec lesquels je cuisine. Pour cela, il fallait commander en Espagne. » 

Y découvrant une formidable opportunité d’épanouissement professionnel, Graciela  a commencé à construire son projet d’entreprise de vente de produits latinos.

« Les gens me disaient : Graciela, ça ne va pas marcher, ne prends pas le risque. Mais, j’étais confiante. On n’arrête pas de dire que la France c’est un pays où le soleil sourit à tout le monde, alors pourquoi pas pour moi ? »

Une fois son projet ficelé, elle a contacté les banques pour financer le départ de son nouveau rêve, sans succès.

« Les banques nous disaient : c’est votre mari qui doit prendre le prêt… Et moi je répondais : c’est mon entreprise, pas la sienne ! »

Elle s’est donc tournée vers l’Adie qui lui a accordé un prêt pour acheter les premiers produits de son magasin et acheter du stock pour les mois du démarrage.

« L’Adie a été pour moi la dernière carte à jouer. Ma conseillère avait confiance en moi et dans mon projet. Je la remercie pour son attitude bienveillante. »

Local trouvé, publicité faite, stock complet, Graciela était prête à ouvrir son entreprise lorsque le gouvernement a annoncé le début du confinement lié à la Covid-19.

« On a attendu quelques jours avec mon mari, on avait de doutes. Malgré tout je me suis dit : il faut se lancer, tout est prêt ! »

Son épicerie « Mi tierrita » a levé le rideau le 14 avril 2020 avec une clientèle plutôt timide. Mais c’était sans compter sur son réseau de latinos présents à Clermont-Ferrand.

« Maintenant, nous les latinos, on a notre petit coin à nous. Ça a démarré doucement mais le bilan est super positif et avec le déconfinement, la demande a explosé. C’est impressionnant. Je vais même finir de rembourser mon prêt à l’Adie en avance sur le délai d’origine ! »

Aujourd’hui dans son magasin au 39 rue du Port à Clermont-Ferrand, elle propose des produits de la Colombie, Équateur, Brésil, Paraguay, Argentine, Chili, Mexique, Pérou et de la République Dominicaine.

« La clé du succès c’est d’écouter les clients, leurs demandes, diversifier les produits, proposer de nouveautés pour combler leurs désirs. Nos clients sont les latinos, mais pas que ! Les français sont aussi en demande de nouveautés. »

En quelques mois, elle a déjà créé un poste en plus du sien et souhaite ouvrir un bar à tapas en 2021. « Je mentirai si je disais que je n’ai jamais eu peur d’oser, mais il faut se surpasser, essayer. Il ne faut pas avoir peur du changement. J’ai tenté ma chance, et ça a marché ! »

Sa page Facebook : https://www.facebook.com/mitierrita63/


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