Portrait

René, concepteur de palettes recyclées

«  En plus de mon associé et moi, j’emploie 8 salariés. Si je le pouvais, j’en aurais 15, mais pour le moment je ne peux pas financer le rythme de ce développement. Je suis même obligé de refuser des clients. »

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À 50 ans, René n’en est pas à son premier coup d’essai en tant qu’entrepreneur.

C’est à l’âge de 20 ans que cet autodidacte natif de Roubaix se lance pour la première fois, après une expérience salariale dans la restauration rapide, en montant sa propre friterie. C’est le début d’une aventure à la suite de laquelle il en ouvre successivement trois autres et lance une marque alimentaire en lien avec son concept. Mais ce n’est pas tout. Parce qu’il a de l’énergie à revendre et l’esprit d’entreprise chevillé au corps, il crée aussi une société de couverture de toit qui emploie jusqu’à une cinquantaine de personnes.

Mais à l’approche de ses 40 ans, un gros ennui de santé bouleverse sa vie. Il doit vendre ses affaires à la hâte, dans des conditions peu avantageuses, et se retrouve sans revenu. S’ensuit une longue période de convalescence.

Une fois remis, il décide de passer son permis de conduire poids lourd et devient chauffeur-livreur dans une entreprise de transport pendant environ sept ans. Durant cette période, il observe que les lames des transpalettes et les différentes manipulations fendent ou abîment les semelles des palettes en bois. Le soir et les week-ends, son esprit d’entrepreneur le pousse à réfléchir à des solutions pour les solidifier. Il crée un concept de renfort en plastique recyclé qu’il enregistre et qui fait l’objet d’un dépôt de brevet : le « Système PPI ». Il vient d’inventer la palette renforcée en bois et plastique recyclés et après avoir sondé le marché et la pertinence de son invention, dont il reçoit l’avis de dépôt à l’INPI, trois jours avant le confinement, en mars 2020, il est bien décidé à donner vie à son projet.

« Le confinement ne m’a pas découragé. À part certaines pièces utilisées sur les palettes qui ont mis un peu plus de temps à être acheminées, mon activité ne connaît pas la crise. On transporte tout sur des palettes ! »

Déterminé à démarrer dès le déconfinement, René utilise cette période pour créer sa SAS avec un associé, PPI-France, trouve un local à Hem, des fournisseurs de palettes à recycler et un fabricant pour les armatures en plastique recyclé.

Pour acheter du matériel comme des cloueurs et payer la caution de la location du bâtiment, il a un besoin urgent et immédiat de trésorerie. Malheureusement, parce que la liquidation des ses entreprises quelques années plus tôt est assimilée à un échec, il n’a pas accès au crédit bancaire. 

Il commence alors à collecter un peu d’argent dans son entourage proche mais la somme est insuffisante. Il entend alors parler de l’Adie à Roubaix et obtient très rapidement un prêt sans lequel il reconnaît qu’il n’aurait jamais pu démarrer. 

Aujourd’hui, l’entreprise de René fonctionne à plein régime. 

«  En plus de mon associé et moi, j’emploie 8 salariés. Si je le pouvais, j’en aurais 15, mais pour le moment je ne peux pas financer le rythme de ce développement. Je suis même obligé de refuser des clients. »


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