Interview

Hafida présente We Ker, partenaire de l'Adie en Bretagne

« Il me semble que la jeune génération est de plus en plus attirée par la création d’entreprise au vu du nombre grandissant de jeunes que l’on m’oriente. »

Temps de lecture : 6 minutes

Pouvez-vous nous présenter We Ker - Groupement de créateurs ?

We Ker est né de la fusion entre la Mission Locale et la Maison de l’emploi du bassin d’emploi de Rennes en juin 2018. Ce projet de mise en commun des deux entités, initié par Rennes Métropole, a permis de réunir les compétences des deux structures et ainsi d’apporter une réponse complète et la plus lisible possible pour nos usagers.

We Ker s’est engagé en 2018 à la mise en place d’un groupement de créateurs. 

À l’origine, la démarche Groupement de créateur a été initiée par la Mission Locale de Sénart en 2000. Elle fonde son accompagnement sur l’envie de création d’activités des jeunes. À travers l’acquisition de compétences techniques et sociales, les groupements de créateurs visent à développer l’autonomie et l’insertion des jeunes en s’appuyant sur leur envie d’entreprendre. L’idée est de mettre en mouvement et d’insérer durablement les jeunes en leur permettant d’atteindre une autonomie décisionnelle et financière.

En quoi consiste vos actions envers les jeunes porteurs de projets ?

Il s’agit d’un accompagnement individuel et collectif sur la phase d’émergence du projet des jeunes, de l’idée à sa validation. Des ateliers thématiques et des rencontres avec les professionnels sont proposés aux jeunes afin qu’ils se tiennent informés sur les différentes étapes de la création et qu’ils confrontent leur projet avec la réalité du terrain. Cela permet au jeune de mûrir son idée en construisant des repères et une représentation de ce qui lui est possible de réaliser pour sa création d’activité. 

Quelle est votre vision de la création d'entreprise par les jeunes ?

Je découvre chaque jour des jeunes avec de nouveaux projets, riches d’idées de création. Il me semble que la jeune génération est de plus en plus attirée par la création d’entreprise au vu du nombre grandissant de jeunes que l’on m’oriente.

On peut observer également que cette jeunesse est sensible aux défis environnementaux et sociaux. Même s’ils savent que créer n’est pas une chose simple, ils recherchent un équilibre entre profit et utilité sociale pour créer une société plus durable en allant vers l’entrepreneuriat à impact.

Comment se concrétise le partenariat avec l'Adie ? 

Nous organisions avec l’Adie des ateliers thématiques en fonction des demandes exprimées par les jeunes. Par exemple le choix du statut juridique, le financement ou la construction du modèle économique....

Lors des rendez-vous de l’Adie, je diffuse l’information auprès de notre public pour qu’il puisse participer aux différents temps forts proposés. 

Et parfois, selon le projet du jeune, j’appelle Maria-Gaëlle, conseillère à Rennes pour déterminer ensemble s’il est possible d’intégrer la formation « Je deviens entrepreneur » pour apprendre à maîtriser l’étude de marché, calculer un chiffre d’affaires, choisir son statut, et débloquer un microcrédit pour financer un projet.

Pouvez-vous nous citer une situation ou un parcours d'un jeune entrepreneur qui vous a marquée ?

Parmi les jeunes que j’accompagne il y a tant de belles histoires à raconter ! Je retiens notamment celle de Dünvel Josset, 24 ans, en octobre 2020. Elle souhaitait développer une activité de photographies artistiques tout en recherchant un emploi « alimentaire » à temps partiel.

La photographie était présente pour elle depuis le collège et après des études littéraires option Arts plastiques, elle entame une formation aux Beaux-Arts de Brest puis une fac d’histoire de l’art à Rennes. Ensuite, elle s’est tournée vers l’herboristerie en suivant une formation de 2 ans dans la Drôme. 

Sa sensibilité aux enjeux socio-politico-économiques lui ont donné envie de continuer ses recherches autour des plantes sauvages et médicinales, et de la botanique en France pour alimenter son travail de photographie.

Aujourd’hui installée comme auteure photographe depuis avril 2021, Dünvel a pu bénéficier d’un microcrédit auprès de l’Adie pour financer du matériel professionnel et développer son activité. Elle a publié ses photos dans la revue bretonne de culture et d’information « ARMEN » ainsi que dans le magazine indépendant « Ilots » qui met en lumière les territoires comestibles qui nous rassemblent.

Elle poursuit son chemin et envisage dans ses perspectives d’évolution, de proposer des résidences artistiques dans l’objectif de mêler la photo, les plantes et le beau pour continuer à parler des sujets qui la touche en allant aussi à la rencontre des paysans herboristes et des producteurs de plantes médicinales.


Je partage ce portrait :

Celles et ceux qui font l'Adie