À Avignon, Loubna cultive la réussite avec Élith Paysages

« Je ne me contente pas de planter des fleurs, je donne vie aux rêves des gens pour leur jardin. Ni plus, ni moins. »
Loubna transforme son amour pour la terre en une entreprise florissante : Élith Paysages. Installée à Avignon, la lauréate régionale du prix Femmes Provence Méditerranée 2026 brave le sexisme d'un milieu très masculin pour s'imposer comme une paysagiste de talent. Ce projet prend vie grâce au soutien de l'Adie, qui croit en elle au moment précis où la survie de son activité ne tient plus qu'à un fil.
« Mon métier à plein temps ? Être une femme. »
Le parcours de Loubna est celui d'une renaissance par la nature. Un parcours classique d’études pour travailler dans le monde du commerce et dix ans d'activité professionnelle. Tout va bien pour la vauclusienne. Mais en 2021, elle entre dans une période de profonde dépression.
Le contact avec le végétal, un souvenir d'enfance ancré dans ses racines à Marrakech, lui permet de remonter la pente. Alors elle se remonte les manches, et reprend les études. Major de sa promotion en aménagement paysager, elle se heurte pourtant dès sa sortie d'école à des préjugés tenaces. On la juge trop fragile pour le terrain.
Pour Loubna, le message est clair : pour travailler librement, elle doit être sa propre patronne.
« J’ai fini ma formation le 25 mai. Le 30 mai, je lançais mon premier chantier. »
Baptisée du nom de ses deux enfants, Eliana et Leith, son entreprise Élith Paysages devient le symbole de son indépendance. Loubna s'y investit corps et âme, parcourant le Sud, de Nice à Carcassonne.
Elle se distingue par une signature unique : les « jardins qui se mangent ». Imaginez un jardin où le romarin remplace la pelouse et les pommiers forment les haies. C’est la touche de Loubna.
Mais en 2025, victime de son succès et de délais de paiement imprévus, elle affronte un gouffre financier. Avec 9 000€ de déficit de trésorerie, elle voit déjà la clé sous la porte.
« Je pensais déjà à la manière de prévenir les enfants, de leur dire que maman arrête les fleurs. »
Un soir, en cherchant un ultime recours pour sauver sa boîte, Loubna découvre la page Facebook de l’Adie en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Intriguée, elle se rend ensuite sur le site internet de l’association, et prend rendez-vous pour le lendemain à l’agence Adie d’Avignon.
En une heure de rendez-vous, Loubna reprend espoir. L'intervention de l'Adie agit comme un second souffle vital. Grâce au microcrédit, Loubna stabilise sa structure et repart à la conquête des chantiers.
Aujourd'hui, avec un chiffre d'affaires conséquent, elle s'impose comme une experte respectée, capable de poser du carrelage ou de monter des murs en pierres sèches tout en gardant sa « manucure parfaite ».
« J’aime à dire que je suis moi-même la façade de l’entreprise. Bien sûr que ma manucure est toujours parfaite ! »
Son ambition est désormais de recruter une équipe 100% féminine pour prouver que les femmes ont toute leur place sur le terrain.
« Quand on me dit qu'une femme ne peut pas porter de lourd, je réponds : de quoi tu parles ? Je porte la vie ! »
Loubna envisage l'avenir avec sérénité. Si elle remporte la prime nationale, elle prévoit déjà de s'accorder un moment de répit mérité après tant de sacrifices. Car pour cette maman entrepreneuse, le succès n'a de sens que s'il se partage aussi en famille, loin des chantiers et du tumulte des broyeurs à végétaux.
Pour découvrir les créations de Loubna, rendez-vous sur :