À Peyrehorade, Angie transforme une passion en salon de piercing

Je n’échangerais ma place pour rien au monde.
Angie est la fondatrice d’ETORRI PIERCING, un salon où elle propose du piercing, du tatouage et de la vente de bijoux. Derrière ce projet, il y a un parcours de vie marqué par les épreuves, mais aussi une détermination sans faille.
Depuis l’enfance, Angie nourrit une fascination pour le piercing. Très tôt, elle s’entraîne seule, puis auprès de professionnels. À l’adolescence, elle commence déjà à pratiquer, dans des conditions qu’elle veille à rendre toujours sûres et professionnelles.
Mais avant de créer son entreprise, son parcours est loin d’être linéaire. Elle enchaîne différents métiers pour subvenir à ses besoins. Très jeune, elle connaît la précarité et vit à la rue pendant un an et demi. Elle travaille notamment en restauration, devient conductrice poids lourd, puis exerce dans l’aéronautique.
À 20 ans, Angie devient mère, mais traverse une période très difficile. Elle souffre d’une dépression et bénéficie d’un suivi en hôpital de jour qui lui permet de mieux comprendre ses troubles liés à son passé.
“ Je ne veux pas mourir sans l’avoir fait. Il faut que je me lance.”
Malgré ces épreuves, son envie d’entreprendre ne la quitte pas. Le déclic survient lors d’un événement privé où elle perce des invités pendant tout un week-end. Pendant un an et demi, elle met de l’argent de côté pour concrétiser son projet. Pour le suite du financement, elle essuie plusieurs refus bancaires avant de se tourner vers l’Adie. Grâce à un microcrédit de 5 000 euros, elle obtient son local et lance son activité. Aujourd’hui encore, elle reste en lien avec une bénévole, qui l’accompagne sur la gestion de son entreprise.
« J’ai senti les équipes de l’Adie très humaines. Je me suis sentie écoutée. »
Le chemin est semé d’incertitudes. Elle fait face à des refus, des difficultés liées à son local ou encore des vols. Et malgré une activité stable, le doute persiste, mais rien n’entame sa motivation.
« J’ai eu une vie tellement compliquée que je me dis que rien n’est acquis. »
Mais depuis l’ouverture du salon, l’activité se développe. Le bouche-à-oreille fonctionne et la clientèle se fidélise. Angie accorde une attention particulière à chaque personne. Son salon accueille aussi des tatoueurs venus de l’étranger, preuve de l’attractivité grandissante du lieu. À long terme, Angie envisage d’ouvrir une seconde boutique sur la côte.