Carole, créatrice d'une maison d'assistantes maternelles à Sainte-Marie, en Martinique

L’avantage d'entreprendre à plusieurs, c’est qu’on peut se soutenir. Quand on a un empêchement personnel, pouvoir compter sur ses collègues, ça n’a pas de prix.
Il est 6h30 lorsque les premières lumières de la Maison d’Assistantes Maternelles s’allument dans le quartier prioritaire de Sainte-Marie, en Martinique. Tandis que la commune s’éveille, Carole Athanase et ses trois associées sont déjà sur le pont.
Pour les parents du Nord de l’île, qui s’affairent et prennent la route pour le travail, l’ouverture des en septembre 2024 apporte une solution salvatrice au manque cruel de structures d’accueil dans le quartier.
Pourtant, rien ne prédestinait Carole à devenir cheffe d’entreprise.
Après des années à travailler en collège et lycée avec des adolescents, Carole décide de se former pour travailler avec les tout petits. Pendant 10 ans, elle exerce le métier d’assistante maternelle salariée, de crèche en crèche. Le déclic de se lancer à son compte lui vient d’un désir profond d’autonomie. Mais en choisissant l’indépendance, Carole choisit d’éviter la solitude qui va souvent de paire avec l’entrepreneuriat en se lançant avec trois autres assistantes maternelles.
« On voulait concilier notre passion pour la petite enfance avec une autonomie que seul l’entrepreneuriat permet ».
Une fois la décision prise, le parcours d’ouverture d’une maison d’assistantes maternelles en quartier prioritaire s’avère un véritable parcours du combattant. Entre les méandres administratifs et la recherche de financement, Carole pousse toutes les portes, y compris celles de l’Adie. L’association lui accorde un microcrédit pour financer le matériel de puériculture et les premiers loyers du local.
« L’Adie a été d’une grande aide, pas seulement pour l’argent mais aussi pour le suivi.».
Les nombreuses démarches portent leurs fruits. Ouverte en septembre 2024 avec une autorisation de garde de deux enfants par assistante, obtiennent une autorisation pour quatre enfants par assistante en mars 2026, permettant de développer la capacité d’accueil et l’activité.
Du lundi au vendredi, de 6h30 à 17h30, les quatres associées forment une équipe unie qui s’entraide pour offrir un cadre accueillant et sécurisé aux enfants et se réunissent le samedi pour préparer la logistique de la semaine suivante.
«Il n’y a rien de plus satisfaisant qu’un parent qui est content de voir que son enfant est bien.»
Au-delà de la solution de garde qu’elle propose aux parents du quartier, Carole et ses collègues portent un projet pédagogique tourné vers l’avenir : l’éveil à l’écologie. Dans des petits bacs de terre du jardin qu’elles ont aménagé, les enfants apprennent à planter et récolter des carottes ou de la laitue.
«C’est une approche concrète pour leur montrer que ce que l’on plante pousse, qu’on le récolte et que l’on peut le manger. On veut aussi leur apprendre le tri et le respect de la terre dès le plus jeune âge.»
Aujourd’hui, le succès est au rendez-vous. Pour Carole, cette réussite est une source de fierté immense qui vient couronner deux ans de bataille administrative.
« C’est une fierté de se dire : j’ai réussi, même si c’était difficile ».
Désormais, Carole se projette vers la pérennisation de ce havre de paix. À Sainte-Marie, continuent de grandir, portés par la détermination de quatre femmes décidées transformer cette zone prioritaire du Nord de la Martinique en une terre d’éveil et d’opportunités.