De la fève à la tablette, une reconversion chocolatée à Gap

« Pour moi, l’avenir se conjugue au local. »
Sébastien a toujours été guidé par la passion. À 53 ans, cet homme courageux a fait un choix fort, celui de transformer sa vie pour revenir à l'essence même de son premier métier. Il sollicite l’Adie pour ouvrir son local dans le chef-lieu des Hautes-Alpes.
« Avec le chocolat, on transmet aussi bien des saveurs que des valeurs. »
Installé à Gap, dans les Hautes-Alpes, il ouvre en octobre 2022 Bean Bar Choc, une chocolaterie artisanale qui suit le mouvement exigeant du « Bean to Bar ». Diplômé en pâtisserie et chocolaterie au tournant des années 90, Sébastien a pourtant exploré bien d'autres horizons, allant du tourisme à l'animation, avant que l'appel de la fève de cacao ne devienne irrésistible.
« J’ai eu besoin de retourner à mon premier amour, au chocolat. »
Son concept est clair : maîtriser l'intégralité du processus, de la torréfaction des fèves jusqu'à la confection de la tablette finale. Pour Sébastien, la qualité passe par une sélection rigoureuse des matières premières et une volonté farouche de privilégier les circuits courts. Il n'hésite pas à infuser son chocolat avec des plantes locales provenant de Pelleautier ou des alentours de Gap, créant ainsi un produit unique, ancré dans son territoire haut-alpin.
« Ma conseillère Adie, c’est presque une amie maintenant. Elle est la seule qui m’a tendu la main. »
Pourtant, le chemin vers l'indépendance n'a pas été sans embûches. Confronté aux réticences du système bancaire classique, Sébastien a dû se battre pour faire exister son projet. C’est par l’intermédiaire de la BGE qu’il a poussé la porte de l’Adie. Grâce à un microcrédit, il a pu financer l’achat de ses stocks de fèves de cacao sans mettre en péril sa trésorerie, trouvant en sa conseillère, Manon Schmitt, une écoute et un soutien qui allaient bien au-delà du simple aspect financier.
« Mon entreprise, c'est ma vie. J’ai mis tout ce que j’avais en moi dedans. »
Aujourd'hui, Sébastien regarde vers l'avant avec une ambition intacte. Fier de sa résilience et de sa capacité à transformer les difficultés en solutions, il envisage déjà d'agrandir son atelier et rêve de créer un musée dédié au chocolat pour partager sa passion avec le plus grand nombre. À ceux qui hésitent encore à se lancer, il livre un conseil précieux : prendre le temps, savoir écouter les bonnes personnes et, surtout, faire confiance à l'humain.
« Et puis, Sébastien et la chocolaterie ça sonne bien, non ? »