Marine, réalisatrice à la Courneuve

Venir d’un quartier populaire du 93 ne m’a jamais freinée. Au contraire, il existe énormément de dispositifs pour le cinéma et pour les jeunes.
Marine a toujours vécu en Seine-Saint-Denis.
C’est en Seine-Saint-Denis qu’elle grandit et que sa professeure d’Histoire-Géographie encourage sa passion précoce en lui trouvant un stage de troisième à la Cité du Cinéma. C’est à Saint-Denis qu’elle fait ses études de cinéma, à Aubervilliers qu’elle se constitue son premier réseau professionnel et se lie d’amitié avec d’autres vidéastes, avant de s’installer à La Courneuve.
C’est donc tout naturellement qu’elle consacre ses premiers courts-métrages à ce territoire qui lui offre ses premières opportunités.
Mon quartier est une grande source d’inspiration, j’y ai dédié plusieurs courts-métrages.
Avec l’œil singulier qu’elle s’y forge, Marine remporte plusieurs concours. Elle décroche Vizu Vizu, organisé par BETC, In Seine-Saint-Denis et Studio Rouchon, grâce à un court-métrage documentaire poétique de deux minutes, Coeur de la Ville, qui donne la parole à des passagers du tramway T1 et met en lumière les portraits de Guaté Mao, un peintre urbain engagé dont l’œuvre célèbre la diversité du quartier. Son film La Roue du bonheur, un court-métrage retraçant la course de deux enfants à vélo et en tramway à travers la Seine-Saint-Denis, gagne également le Grand Prix du festival Film l’Avenir, organisé par l’association de Jamel Debbouze.
Filmer mon quartier m’a apporté énormément de visibilité. C’est là que j’ai pris conscience de son potentiel. Je pouvais créer de belles choses avec ce que je voyais tous les jours, en les mélangeant à mon imaginaire.
En avril 2024, Marine lance sa société Some Jackals Production. Elle se rend rapidement compte qu’il lui manque du matériel professionnel. Sa tante, elle-même entrepreneure, lui parle alors de l’Adie. Grâce à un microcrédit de 1 052 € et à la prime de 1 000 € pour les jeunes entrepreneurs des quartiers prioritaires, elle finance un stabilisateur et des objectifs vidéo. Elle bénéficie également de l’accompagnement de l’Adie, qui l’aide à structurer sa démarche entrepreneuriale.
Je ne connaissais rien à l’entrepreneuriat. Les formations sur les réseaux sociaux, le développement de site internet professionnel et le parcours J’entreprends avec l’Adie ont été indispensables pour moi. Ça m’a beaucoup appris et donné confiance en moi.
Aujourd’hui, Marine poursuit la réalisation de courts-métrages et de projets de cinéma, tout en étant en mesure de proposer des prestations de vidéos corporate et des contenus publicitaires pour des entreprises.
Toujours en quête de progression, elle cherche constamment à se former. En 2026, elle réalise pour cela un stage dans une société de location de matériel à La Courneuve afin de monter en compétences sur les techniques de lumière.
À terme, Marine souhaite s’orienter davantage vers la publicité et multiplier les tournages pour le cinéma.
Elle encourage toutes les personnes issues de quartiers populaires à se lancer dans l’entrepreneuriat, à croire en leur talent et à ne pas se fixer de barrières mentales.
En Seine-Saint-Denis, ça bouge beaucoup : il y a du mouvement, des associations qui se créent, une vraie richesse. Les gens sont plus soudés, le bouche-à-oreille fonctionne bien pour trouver des clients et les loyers sont plus accessibles pour les locaux. Ce sont des atouts. Il faut s’en servir !