Nathalie, entrepreneure financée par l'Adie, a ouvert son épicerie dans la Meuse

J'ai su que ma place était ici. Que je devais saisir ma chance et me lancer.
À 52 ans, Nathalie a transformé un coup de cœur de cliente en une aventure entrepreneuriale pleine de sens. Depuis le 1er janvier 2026, elle dirige « Brin de Paille », une épicerie de producteurs locaux qui fait vibrer le centre-ville de Verdun. Pour elle, reprendre ce commerce était une évidence.
Ce sont des produits qui me correspondent totalement. C'était l'aventure d'être autonome, d'être polyvalente et de partager ce coup de cœur pour le magasin.
Après avoir été auxiliaire de puériculture pendant dix ans, puis ouvrière polyvalente en usine, elle subit un licenciement économique. Elle se reconvertit alors dans le secrétariat-comptabilité, mais ne s'y sent pas à sa place. C’est lors d’un repas de famille que son destin bascule : son beau-fils agriculteur lui apprend que l’association de producteurs cherchait quelqu'un pour reprendre l'activité car ils partaient à la retraite.
Je me suis dit : "Pourquoi pas ?". J’ai donné mon CV, j’ai fait une journée d’immersion pour voir l’envers du décor, et j’ai su que c’était pour moi.
Si la motivation était là, le financement de la trésorerie de lancement s’est heurté au refus des banques traditionnelles. À quelques semaines de l’ouverture prévue au 1er janvier, l’urgence se fait sentir. C’est lors d’un petit-déjeuner entrepreneurs qu’elle croise la route de l’Adie.
Sans l’Adie, je ne serais pas là, c’est clair !
L’association prend le relais, apporte le financement nécessaire et permet à Nathalie de lever le rideau dans les temps.
Aujourd'hui, Nathalie gère une quarantaine de producteurs de la Meuse et des départements voisins avec une énergie débordante. Son modèle de gestion est aussi astucieux qu'engagé puisqu'elle travaille à 85 % en dépôt-vente.
C'est une sécurité énorme car cela limite mes pertes sur les fruits et légumes.
Très attachée à l'écologie, elle a instauré une démarche circulaire exemplaire où rien ne se perd. Les produits abîmés repartent aux poules ou au compost, les invendus sont offerts à un bar solidaire voisin, et les pots de yaourt sont systématiquement récupérés pour être rendus aux producteurs.
Aujourd’hui, Nathalie est épanouie. Pour elle, son épicerie est bien plus qu'un simple commerce.
Les gens ne viennent pas juste acheter deux kiwis ou deux oranges, ils viennent discuter, voir les producteurs, s'informer.
Lorsqu'on lui demande ce que représente son entreprise aujourd'hui, sa réponse fuse, immédiate :
La vie ! C'est un lieu de rencontre, d'échange. Manger des bonnes choses, c'est la vie.
Nathalie rêve déjà de développer un système de drive ou de livraison pour toucher encore plus de monde, avec l'ambition de stabiliser son activité pour, un jour, pouvoir partager cette aventure avec un futur collaborateur.