Sarah, couturière à Aix-en-Provence

La couture, je baigne dedans depuis que j’ai 5 ans.
On peut porter en soi une passion depuis toujours et mettre des années à retrouver son chemin pour en vivre pleinement. C’est le cas de Sarah qui, des années après ses études de stylisme, réalise son rêve à 38 ans.
« La couture, je baigne dedans depuis que j’ai 5 ans. »
Derrière son tempérament enthousiaste et sa détermination, se cachent une trajectoire longtemps faite de renoncements. Comme beaucoup de femmes, pendant des années, Sarah choisit de mettre sa créativité en veille pour donner la priorité à sa famille.
« La vie m’a mise en ‘‘standby’’ pendant dix ans. Je suis devenue maman de trois enfants et je me suis consacrée entièrement à eux. J’ai relégué mon art au second plan, mais ma passion ne s’est jamais éteinte. »
Après plus de dix ans de mariage, Sarah traverse un divorce qui ébranle tous ses repères, tant familiaux, qu’émotionnels et financiers.
En octobre 2024, c’est au pied de son immeuble que sa vie reprend son sens, lorsqu’elle trouve un emploi à l’atelier Jasmin, une structure d’insertion par la couture. Dès qu’elle remet les mains sur la machine à coudre, elle prend la décision de revenir aux fondamentaux : sa passion pour la création.
« Quand je crée, je me reconnecte à moi-même. »
C’est dans ce retour à soi et de la nécessité de subvenir aux besoins de ses enfants que naît le projet de son entreprise.
« J’ai senti une force naître en moi qui m’a poussée à me reconstruire à travers la couture et la création de Sahika Couture. »
À l’atelier Jasmin, on lui parle de l’Adie. Lorsque Sarah pousse la porte de l’agence d’Aix-en-Provence, son conseiller, Bastien, croit en son projet dès les premiers échanges et lui accorde un prêt pour financer deux machines à coudre professionnelles et un premier stock de tissu. Il l’encourage également à rejoindre Le Passage des Entrepreneuses.
Dans cet espace unique dédié à l’entrepreneuriat des femmes, Sarah découvre une sororité et, sous l’impulsion de Sara, la responsable du lieu, s’inscrit à des ateliers pour apprendre à briser le syndrome de l’imposteur, à poser des mots sur son talent et à affirmer son rôle de créatrice.
C’est ainsi qu’elle définit l’identité de Sahika Couture, une marque nommée à partir des prénoms de ses enfants et pensée comme une renaissance, où chaque pièce, unique, confectionnée avec des vêtements upcyclés, est un symbole de transformation.
À Encagnane, son quartier à Aix-en-Provence, elle se distingue des autres couturières en proposant des créations audacieuses.
« J’ai envie de sortir du lot en apportant une touche de modernité et d’audace, avec de l’asymétrie et des motifs comme le zèbre ! »
Elle répond également à un besoin de services de proximité de retouche et d’upcycling pour transformer des vêtements.
Aujourd’hui Sarah travaille d’arrache-pied pour imposer, peu à peu, Sahika Couture comme une signature avec un style reconnaissable.
« Mon ambition est de dessiner une nouvelle silhouette, qui incarne une féminité contemporaine libre, affirmée et résolument élégante, celle d’une femme qui ne se cache plus. »
Désormais Sarah se sent libre, forte et créative et espère bientôt pouvoir transformer son activité à domicile en une véritable boutique.
« Je n’avais plus rien à perdre. Il était temps. J’ai compris que c’est quand on arrive au plus bas que l’on mesure le potentiel de dingue que l’on a en soi. »