Tania a ouvert sa boutique de vêtements rétro-vintage à Paris

« Le fait d’être une femme a représenté une vraie difficulté. Je n’ai pratiquement que des hommes chineurs. Mais j’ai résisté, j’ai travaillé dur et je n’ai pas volé ma place »
Qu’elle l’ait calculé ou non, les premiers mots de la chanson Easy Love qui a fait danser le monde entier et a fait d’elle une star de la musique dance en 2000, disent beaucoup de l’itinéraire de Tania.
Dans tout ce qu’elle fait - qu’il s’agisse de mode ou de musique - Tania parle un langage universel qui la guide.
Ses premiers pas dans la vie n’ont pourtant rien de facile.
Née en Guadeloupe, où elle grandit auprès de sa grand-mère, sa mère étant trop jeune pour s’occuper d’elle, Tania voit son enfance basculer lorsqu’elle rejoint, à sept ans, un père qu’elle connaît à peine, à Limoges. Tandis qu’elle peine à trouver sa place dans ce nouvel environnement, elle fait une rencontre décisive avec Yvonne Merguiller, une voisine élégante et attentionnée, qui devient une véritable mère de cœur et l’initie au goût du détail et à l’amour des vêtements.
Lorsqu’adolescente, elle est abandonnée par son père et placée en foyer, Tania se raccroche à sa passion pour la musique, qui devient son premier espace d’expression et de liberté. Choriste puis chanteuse, elle multiplie les scènes et connaît le succès populaire à 25 ans, avec le titre Easy Love, disque d’or en 2000.
Malgré le succès, Tania, devenue mère à 30 ans, pense à pivoter vers une vie plus stable. « Je me suis dit “ça suffit, les voyages” ! Il faut que je construise quelque chose pour ma fille et moi ».
C’est dans le 9e arrondissement de Paris qu’elle découvre l’univers du vintage, en travaillant dans une boutique tenue par un passionné. Cette expérience est une révélation : elle y développe un regard, une exigence et une culture du vêtement nourris par l’histoire des pièces et de ceux qui les portent.
Pendant plusieurs années, elle apprend, affine son style et construit son réseau. Peu à peu, l’idée d’entreprendre s’impose à elle.
En 2019, elle franchit le pas et ouvre Merguillier Paris, une boutique qu’elle baptise en hommage à Yvonne, décédée à 104 ans et dont la photo trône toujours sur le mur. Elle y propose à la vente et à la location, des pièces uniques, souvent faites main, allant des années 1920 aux années 1980.
«Chaque vêtement raconte une histoire, dans un lieu pensé comme un espace vivant, habité par la mémoire et l’émotion.»
Pour étoffer son stock de démarrage, Tania sollicite l’Adie qui lui accorde plusieurs financements et des conseils.
« L’Adie m’a aidée quand j’en ai eu besoin. J’ai de bonnes relations avec eux, et quelle que soit la question, je peux toujours les appeler. Cela me permet d’avancer sereinement.»
Dans un milieu largement masculin et parfois hostile, Tania s’impose par son exigence, son authenticité et sa vision du vintage comme un art de vivre, au-delà du simple effet de mode.
Aujourd’hui, Merguillier Paris est devenu un lieu reconnu et le regard artistique de Tania lui permet de collaborer avec des événements prestigieux comme le Festival de Cannes ou les Césars.
«Beaucoup d’artistes viennent à moi pour travailler leur style avant de monter sur scène. Merguillier Paris est devenu une plaque tournante culturelle et humaine et j’en suis super fière !»