Portrait

Adama, Brice, Hardy et Ludovic, par ici la Bonne Bouffe !

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« La bonne bouffe », c’est avant tout l’histoire de quatre amis, unis comme des frères depuis la maternelle. C’est dans les caves vides de Montfermeil, qu’ils squattent pour répéter pendant leur adolescence que naît leur premier projet, le groupe de rap le Genzu Clan, nommé d’après le « genz », qui désigne en argot de Montfermeil le coup de jus que l’on se prend en connectant les câbles d’électricité dans ces sous-sols où ils font leurs premières gammes. 

Pendant près de 20 ans, cette clique inséparable écrit, compose et écume les scènes au point de devenir une référence de la scène rap underground dans le 93. Aujourd’hui âgés de 35 à 38 ans, Adama, Brice, Hardy et Ludovic, ne vivent pas encore de la musique mais ont tous un métier. Brice est brancardier, Hardy travaille dans un foyer pour jeunes, Ludovic a créé son entreprise d’installation de fibre optique et Adama travaille à la Poste. 

Décidés à entreprendre ensemble, ils ouvrent d’abord, avec les économies réalisées grâce à leur musique, un magasin de streetwear à Clignancourt, la Plaque Tournante. 

Motivés par cette première expérience, ils décident de concrétiser un projet de longue date : une franchise de fast-foods africains.

« On a grandi dans le secteur depuis la maternelle. Il y a des grecs, des burgers, des pizzas, mais pas de fast food africain. Avec la Bonne Bouffe, on va proposer des plats de qualité et accessibles de nos pays d’origine : le Mali, le Congo, la Guadeloupe et Haïti. » 

Lors du confinement, leurs projets musicaux à l’arrêt, ils décident de s’investir pleinement dans cette entreprise. Positive Planet les accompagne dans la construction de leur business plan puis les oriente vers l’Adie pour leur permettre de saisir l’opportunité d’un local bien situé au cœur de Clichy-sous-Bois.

« On ne voulait pas faire un prêt avec des intérêts. L’Adie nous a accordé un crédit de 10 000 € réparti entre nous quatre pour financer l’aménagement du restaurant ». 

Ils entendent commencer par la vente à emporter et des livraisons puis, une fois les restrictions sanitaires levées, accueillir une vingtaine de personnes sur place. Si tous mettent la main à la pâte, c’est Adama qui se consacre temporairement à temps plein à la gestion du restaurant. À terme, ils souhaitent embaucher des salariés pour faire tourner le restaurant en leur absence, quand leurs activités musicales reprendront. 

Les quatre entrepreneurs comptent sur la communauté de 14 000 followers du Genzu Clan pour lancer la promotion. 

« Entreprendre dans un quartier, c’est pas plus compliqué, au contraire. Nous, on a grandi là. On a toujours eu des idées. Tout le monde nous connaît, et tout le monde nous soutient. Certains disent que quand on vient des quartiers, c’est difficile... On a compris qu’il y a des opportunités à saisir aussi. À un moment donné, il faut se réveiller, se bouger, aller de l’avant et ça paie. Tout le monde peut entreprendre. » 


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Celles et ceux qui font l'Adie