Portrait

Alexandre a créé une entreprise d’audiovisuel spécialisée dans les projets éthiques

« Ce que ça m’apporte, aujourd’hui, d’avoir mon entreprise, c’est de retrouver le lien entre l’humain et le travail. J’étais salarié toute ma vie professionnelle, et là, je retrouve le côté social, les relations, le contact au quotidien. Mon entreprise, elle m’apporte de la force, et de la motivation, comme un enfant que je veux voir s’épanouir. »

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Alexandre, c’est un peu le Mac Gyver de l’audiovisuel : équipé de son smartphone, il invente de nouvelles méthodes pour filmer, à moindre coût, des vidéos professionnelles, et mettre en avant des projets éthiques.

Alexandre démarre sa carrière professionnelle comme commercial dans les assurances, puis chez Maison du monde où, sensible au sujet du développement durable, il devient référent RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Au fil de ses expériences et de son engagement, il est amené à rencontrer des personnalités dont Nicolas Hulot ou le Youtubeur Vincent Verzat, de "Partager c’est sympa !" Il s’investit de plus en plus dans des projets liés à l’écologie, au développement social, éthique, et durable, dans lesquels il se retrouve pleinement.

À partir de 2019, il réalise le tournage des vidéos des marches « climat » lyonnaises et se met à produire des vidéos pour le grand public. Jusque-là, son talent pour la réalisation était resté confidentiel, Alexandre le cantonnant à la diffusion auprès de son cercle familial ou amical.

Alexandre se prend au jeu et il filme de plus en plus. Au fur et à mesure de ses productions, il en devient convaincu : l’exemplarité passe par l’image ! Il commence à parler de son projet de développement d’une activité dans l’audiovisuel à son conseiller Pôle emploi, qui le dirige vers l’Adie.

« J’ai rencontré un bénévole de l’Adie, je lui ai dit : ‘‘j’ai un smartphone, je veux faire des vidéos et créer mon entreprise’’ Il m’a répondu : ‘‘ok, on va voir le business plan’’. Il m’a tout de suite encouragé. J’ai de l’ambition, mais parfois j’ai des doutes et je n’y crois plus trop... On peut aller tellement plus loin quand on est soutenu ! »

Le 22 avril 2019, qui est aussi le Jour de la planète, Alexandre fonde son entreprise : Etik Vision. Le concept est simple : c’est une agence de production d’images engagées, pour montrer l’exemple par l’image.

Alexandre a trouvé comment concilier son engagement pour sauver la planète, et sa passion de la vidéo.

« Je vais vers les personnes qui ont des initiatives positives, qui agissent à leur échelle pour une société plus respectueuse de leur environnement, et je les filme. »

Armé de son téléphone, il peut tout faire : tournage, édition, montage ! Le tout avec un tarif accessible pour de petites organisations. 

« Mes vidéos sont simples, efficaces, ludiques ! Il n’y a pas d’effet de fou, mais elles répondent à ce dont mes clients ont besoin. »

Alexandre pratique une tarification solidaire : toutes ces factures comprennent une contribution de 1% pour filmer des programmes de personnes qui démarrent des initiatives engagées, à fort impact social et environnemental, et qui n’ont pas les moyens de financer une vidéo.

En parallèle à la réalisation, Alexandre fait de la formation dans les écoles, les lycées mais aussi pour des professionnels, et participe à des projets culturels de courts métrages, principalement autour de la musique.

Aujourd’hui, Alexandre travaille dans un espace partagé, à Villeurbanne, avec des Youtubeurs. Après la crise sanitaire, il oscille entre stabilité et inquiétude : grâce à ces engagements, à ses activités diversifiées, et à un réseau solide, ses clients font de nouveau appel à lui, et il continue à avoir de nouveaux projets. Mais d’un autre côté, il a pu mesurer l’impact du confinement sur son activité, et redoute des effets collatéraux.

« Pendant la crise, j’ai aussi adapté de nouvelles méthodes de réalisation de contenus à distance. De la contrainte naît la créativité ! »

Pour 2020, il va concentrer toutes ses ressources et relancer la machine, reprendre contact avec son réseau. Dans l’avenir, il voudrait se constituer une équipe : un monteur, un cadreur, un expert en motion design, et un community manager. 

« Comme ça, je pourrai me concentrer sur la formation et la réalisation. »

À terme encore, ce dont rêve Alexandre, c’est d’exporter son idée, créer un véritable label, et faire rayonner son projet de montrer l’exemple par l’image dans toutes les villes en France.


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Celles et ceux qui font l'Adie