Portrait

Chaza crée son atelier de couture et retouches

« Pour moi l’Adie est un vrai repère. L’Adie a réalisé mon rêve ! …elle m’a donné de la considération. »

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Chaza quitte Alep en février 2012, elle doit y laisser sa famille et passer du statut de chef d’entreprise à réfugié politique. Courageuse et motivée, elle réussit à vivre de nouveau de sa passion dans un pays dont elle ne maîtrise ni la langue ni les codes.

De 1980 à 1992, Chaza est institutrice en école primaire puis de 1992 à 2012, chef d'entreprise à Alep en Syrie. Elle a des ateliers de couture et confection de prêt-à-porter pour enfants, et elle exporte ses créations en Europe et en Asie. Elle a alors 45 employés. Mais la guerre la force à fuir son pays, abandonner son entreprise et laisser derrière elle son mari malade et une fille mariée.

En février 2012, elle arrive en France et suit des formations FLE (Français Langue Etrangère). Sa situation est instable, elle n’a pas de foyer et dort chez des particuliers. Pendant 8 mois, elle vit de maison en maison. En septembre 2012, elle obtient une chambre grâce au Forum Réfugiés de Vaulx-en-Velin (69) et décide de se consacrer à son insertion professionnelle.

Au RSA, elle postule à plusieurs emplois salariés dans la couture. A cause de la barrière linguistique, elle n’obtient malheureusement que des refus. Elle mène alors une petite enquête à Vaulx-en-Velin et remarque qu’il n’y a pas de professionnel de la couture dans cette ville. Elle décide donc de se lancer à son compte.

La plus grande difficulté qu’elle rencontre est la complexité et la lourdeur administrative en France. Cela lui demande énormément d’énergie et de concentration. Difficile quand on a la tête ailleurs, qu’on pense à son pays en guerre et sa famille en danger.

En mars 2014, sur les conseils de Planet Adam, elle contacte l’Adie après avoir rencontré plusieurs refus bancaires.  Elle trouve un local au centre-ville de Vaulx-en-Velin mais elle a surtout besoin de matériel et de trésorerie pour lancer son activité. Une fois son microcrédit accepté, elle est prise en charge par l’Adie qui devient son référent social.

La première rencontre avec sa conseillère Adie, Saïda, est un moment inoubliable ! Elle se sent comprise et rassurée, elle retrouve confianceen elle. La facilité de communication avec Saïda, qui fait tous leurs entretiens en arabe, lui permet vraiment d’avancer dans son projet. Parallèlement Anne, bénévole à l’Adie, l’accompagne depuis le lancement de son entreprise. Elle est sa référente RSA et la voit régulièrement.

Au départ, l’activité de Chaza se développe doucement, elle commence avec des retouches. Aujourd’hui, elle fait de la création de vêtements, notamment pour des cérémonies. Son objectif est d’avoir un local plus grand et de proposer plus de services.

Lorsqu’elle est arrivée ici, Chaza n’avait aucunement l’intention d’être une charge pour la France, elle a toujours voulu travailler. Elle est fière d’avoir créé son propre emploi en étant seule dans un pays étranger dont elle ne maîtrise pas la langue. Malgré la distance qui les sépare, ses enfants sont aussi fiers d’elle, fiers de la voir à son âge tout reconstruire dans un pays étranger.


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