Portrait

Séphora, une vénus beauté dans son salon

« Je n’avais aucun apport et au début, je ne savais même pas ce qu’était un business plan. L’accompagnement de l’Adie a changé ma vie et celle de mes filles. »

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Séphora a un nom prédestiné pour travailler dans le monde de la beauté. Pourtant, son parcours aurait pu être tout autre si elle avait écouté cette conseillère d’orientation au collège qui voulait l’orienter vers une filière de fromagerie. C’est grâce à la résistance de son père, qui lui rappelle qu’il ne lui a pas donné ce nom pour se résigner à une voie de garage, qu’elle décroche son CAP esthétique en alternance. Après ses études, dès l’âge de 15 ans, Séphora enchaîne les contrats de courte durée dans des instituts de beauté. Parallèlement, elle commence à faire les ongles pour son propre compte. Mais seule avec ses enfants la plupart du temps en raison des déplacements à l’étranger de son mari, elle peine à concilier la vie de salariée avec son organisation familiale. 

« J’étais obligée de travailler le samedi. Je donnais 90 euros à la nounou pour en gagner 80. J’arrivais souvent en retard. Et quand mes enfants étaient malades, je devais les garder. Du coup, mes employeurs ne me faisaient pas confiance. Les CDD ne devenaient jamais des CDI. C’était un cercle vicieux qui m’épuisait. »

Après la naissance de sa deuxième fille, elle se retrouve au RSA et décide d’ouvrir son propre institut. Elle trouve un local mais n’a pas les fonds pour le financer. « Je suis partie voir plusieurs banques près de chez moi. On m’a ri au nez. On m’a demandé de justifier de ressources que je n’avais pas et de revenir quand j’aurais un business plan. » 

Elle suit alors la formation gratuite Je deviens entrepreneur de l’Adie, qui lui permet de structurer son projet et obtient un crédit pour financer l’aménagement de son institut d’onglerie dans le salon de son appartement. 

« Je n’avais aucun apport et au début, je ne savais même pas ce qu’était un business plan. L’accompagnement de l’Adie a changé ma vie et celle de mes filles. »

Depuis, Séphora gère son temps avec aisance, entre ses clientes et l’éducation de ses filles. 

« Aujourd’hui, je vis à ma guise et j’en suis ravie. Je gagne deux fois mieux ma vie que lorsque j’étais salariée. Je ne perds plus mon temps dans les transports, ni mon salaire en frais de babysitter et surtout, je peux voir grandir mes enfants. »

L’évolution de Séphora donne des envies d’entreprendre aux femmes de son quartier et elle n’est jamais avare de conseils à ses clientes qu’elle encourage à se lancer à leur tour. 

Aujourd’hui partenaire d’un concours de miss et formatrice officielle en pose de prothèses ongulaires pour la marque qui lui fournit son matériel, Séphora est reconnue dans son métier. 

Mais sa plus grande fierté, c’est la reconnaissance de ses clientes, ravies de leurs ongles faits « By Séphopho ». 


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